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(The Internet Governance Forum: what does it mean for Africa?)

RESUME

Cet article cherche à comprendre la représentation et l’intérêt du processus du Forum sur la Gouvernance de l’Internet au sein de la communauté des acteurs des TIC en Afrique, et à rendre compte d’éléments d’illustration de son impact éventuel. Pour ce faire, nous avons choisi, à titre principal, d’analyser les échanges sur deux listes de discussions clés, réceptacles de points de vue africains sur la gouvernance de l’internet. Pour compléter et valider si nécessaire les observations faites, nous avons consulté quelques documents produits par certains acteurs et en avons interrogé d’autres. Nous nous sommes également basés sur notre observation du processus depuis son lancement en 2006. 

Une liste africaine (liste AfrICANN, créée par l’AfriNIC, organisme en charge de la gestion des adresses IP et ASN en Afrique) et une liste internationale (liste Governance du Caucus de la société civile internationale sur la Gouvernance de l’Internet) ont été analysées. La première l’a été sur six mois (novembre 2008 – avril 2009) et la seconde sur une année (mai 2008 – avril 2009). Il s’agit de deux listes publiques, les plus pertinentes pour notre analyse. Il a été observé seulement 7% de contributions portant sur le FGI sur AfrICANN ; cette statistique illustre un certain intérêt certes à ce processus international, mais il est minimal dans un espace regroupant les acteurs clés de la gouvernance des TIC en Afrique. Toutefois, comme l’illustrent les autres sujets de contribution, la gouvernance de l’internet en tant que problématique est une forte préoccupation lorsqu’elle concerne spécifiquement sa consolidation en Afrique. La « localisation » du FGI est ainsi le leitmotiv de bon nombre de ces acteurs. D’un autre point de vue, 5,43% des contributions de la liste du Caucus Gouvernance de l’Internet de la société civile internationale proviennent d’abonnés africains pendant ces douze mois. Ce chiffre est tout au moins inférieur à la présence du continent sur la liste (environ 10%). Toutefois, l’Afrique contribue bien à la vie du Caucus dans ses différentes dimensions, y compris lors des processus de contributions collectivement élaborées et soumises au FGI, avec des contributions substantives. Sur les deux listes, la faible participation africaine au processus du FGI est regrettée, d’abord par les Africains eux-mêmes, et des plaidoyers appellent souvent à inverser cette tendance. L’observation du processus, l’analyse de quelques articles et l’interrogation de quelques acteurs valident ces constats.

Il se dégage, comme première conclusion, que bien que l’Afrique participe et contribue au FGI sous différentes facettes et pour différentes raisons, son intérêt au processus international en cours reste minimal ; ceci du fait du mandat du Forum (qui n’est pas perçu comme un espace de solutions), du fait de la prééminence du besoin d’accès « basique » aux TIC et des besoins prioritaires de renforcement de la gouvernance de l’internet sur le continent. En outre, la contribution des chercheurs fait défaut, tout comme celle des organisations régionales (CEDEAO ; CEMAC, etc.), peut-être parce que les gouvernements semblent moins s’intéresser au processus. La seconde conclusion majeure enseigne qu’en dehors de la sensibilisation accrue sur l’importance du partenariat multi-acteurs, le renforcement de capacités est ce qu’en définitive certains acteurs africains des TIC tirent du processus du FGI. 

Il est alors important, au moment où le FGI est dans sa phase d’« évaluation à mi-parcours », et au moment où sa quatrième rencontre s’organise en Afrique, que les dispositifs favorisant ce renforcement de capacités soient plus lisibles et renforcés, si l’on veut valoriser davantage ce processus international aux yeux des acteurs du continent.


Mots-clés : gouvernance de l’internet, Afrique, participation politique, liste de discussion, accès, SMSI, FGI, société civile, communauté technique, coopération internationale.

 Par Ken LOHENTO - Octobre 2009

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SUMMARY

This article seeks to understand the representation and interest of the IGF process within the African ICT community, and to give illustrations of its eventual impact. To do this, we, primarily, have analyzed exchanges on two key discussion lists on which African views on Internet governance are conveyed. To complement and validate if necessary observations, we have consulted some documents produced by some players and have questioned others. We have also based conclusions on our observation of the process since its launch in 2006.

The two lists analyzed are a panAfrican list (the AfrICANN list, created by the AfriNIC, the body responsible for managing IP and ASN addresses for the continent) and an international list (the Governance list, a discussion space for the international civil society Internet Governance Caucus). The first space was analyzed during six months (November 2008 - April 2009) and the second during a year (May 2008 - April 2009). These lists are two public lists, the most relevant for our analysis. It has been observed that only 7% of contributions dealt with IGF on the AfrICANN in the period; this figure shows an interest in the international process, but it is minimal, on a space that gathered key African ICT governance players. However, as contributions on other subjects discussed on the list illustrate, Internet Governance as an issue is of a strong concern, specifically when it relates to its consolidation in Africa. “Localising IGF” has then become a common leitmotiv on the continent. From another point of view, 5.43% of the Internet Governance Caucus list contributions came from African subscribers during the twelve months analyzed. This figure is at least below the continent's presence on this space (about 10%). However, it has to be stressed that Africa do contributes to life in this group at all levels, including during development of contributions submitted to IGF. On both lists, the feeble African participation that may be understood by several factors is regretted, by African stakeholders themselves first of all, and calls for reversing this trend are often made. All these conclusions are validated by the observation of the whole process, the analysis of some written productions and discussions with some key actors.

A main conclusion after this research is that, although Africa contributes and participates in IGF in different manners and for various reasons, its interest in the international process is minimal; this is due to the mandate of the Forum (which is not seen as a space for solutions that Africa is urgently longing for), due to the basic access to ICT needs and to the crucial need to strengthen internet governance on the continent, which is seen as a greater priority. In addition, the involvement of the academia is laking, as well that of regional economic organizations (ECOWAS, SADC, etc.), maybe because governments seem less interested in the process. The other main conclusion is that, capacity building for some African ICT actors, and the increased awareness on the importance of the multi-stakeholder approach in policy making in the sector, are seen as the key advantages gained from the international process.

It is therefore crucial, in this period of mid-term “evaluation” of IGF, and some days before its fourth annual meeting organized in Africa, that mechanisms that support capacity building are strengthened and made more visible, if further enhancing the importance of the international process in the eyes of actors of the continent is an aim.

Key words: internet governance, Africa, political participation, discussion list, access, WSIS, IGF, civil society, technical community, international cooperation.

Ken LOHENTO - Octobre 2009

 

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