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Les producteurs de coton d’Afrique ont eu de bonnes performances agricoles en 2011, malgré la pause pluviométrique. Cependant, sur le plan commercial, ils craignent pour les prix si les Etats-Unis continuent à subventionner leurs producteurs.

Malgré la longue pause pluviométrique observée un peu partout en Afrique durant la dernière campagne agricole, la production cotonnière du continent a plutôt augmenté, par rapport à l’année dernière. La révélation a été faite, mardi, à Kolda, par Moussa Sabaly, président de l’Association des producteurs de coton africain (Aproca), lors de la cérémonie d’ouverture de l’Université du coton. Certes, le niveau de production que s’était fixée l’Aproca ne pourra pas être atteint cette année, mais il faut tout de même reconnaître que l’or blanc se porte mieux, par rapport à l’année dernière. 

 

« Il est évident que nous n’allons pas pouvoir atteindre les objectifs que nous nous étions fixés.  Si l’on prend  l’exemple des gros pays producteurs de coton comme le Mali qui s‘était fixé des objectifs de 500 000 tonnes, la production va tourner autour de 426 000 tonnes. C’est, aussi, le cas du Sénégal qui a fortement augmenté les rendements par rapport à la dernière campagne agricole. Certes, nous n’allons pas atteindre nos objectifs, mais la production va tout de même largement dépasser celle de l’année dernière », a confié Moussa Sabaly.

Il a estimé que le prix actuel du coton sur le marché mondial est très incitatif pour les cotonculteurs africains, à condition que les Etats-Unis acceptent de se soumettre aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) qui exigent l’arrêt des subventions. « Si les Américains continuent à subventionner leurs producteurs, c’est sûr que, d’ici deux à trois ans, le prix du coton va baisser. Bien que le prix soit bon, en ce moment, cela ne va pas nous faire dormir sur nos lauriers. Nous allons continuer à nous battre pour la suppression pure et simple des subventions pour l’ensemble des producteurs mondiaux ou bien, s’il y a des subventions, que tous les producteurs du monde puissent alors en bénéficier », a-t-il  martelé. Le président de l’Université du coton, Baba Diabakhaté, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre à Kolda qui constitue, selon lui, un point stratégique pour l’Aproca. « Nous avons jugé bon de tenir les assises de cette troisième formation de l’Université du coton à Kolda pour, justement, lancer le message aux producteurs de la région de Kolda et du Sénégal d’aller dans le sens de l’action que l’Etat sénégalais a entreprise dans le cadre de la relance de la production du coton au Sénégal », a-t-il avancé. 

Pour rappel, le Sénégal avait produit 20 000 tonnes de coton, durant la dernière campagne agricole. 

Ses objectifs pour 2011 étaient de 36 000 tonnes, si l’on en croît encore Moussa Sabaly.  Des délégations venues de douze pays africains, membres de l’Aproca, ont pris part à cette rencontre qui a duré quatre jours.  L’organisation de cette série d’Université du coton a été rendue possible grâce à un appui financier de l’Union européenne.                                                                                           

Par/Source/date - Mamadou Aliou DIALLO - Le Soleil, quotidien Sénégalais - MARDI, 03 JANVIER 2012

 
 
 
 

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